CHLSD - Sylvie Gingras, amie de Mme Gagnon, pratiquent leur métier de coiffeuse à domicile, elles ont été témoin d’une scène dans un CHSLD qui l’a marquée Troisième partie.
Témoins oculaires
Sylvie Gingras, amie de Mme Gagnon, tous deux pratiquent leur métier de coiffeuse à domicile.
Elles ont tous deux témoins d’horribles bestiales scènes dans un CHSLD qui l'a marquée. « Une gestionnaire, devant les résidents, est venue dire à une préposée sur le point de terminer son quart qu'elle allait devoir demeurer au travail pour encore cinq heures
Édith Gagnon CHSLD Un an après avoir démissionné parce qu’elle était au bout du rouleau, une préposée aux bénéficiaires a recueilli des témoignages et a écrit à la ministre de la Santé dans l’espoir de faire changer les choses dans le réseau public.
Édith Gagnon a passé 15 ans en CHSLD avant de claquer la porte en juin 2025.
J’étais tannée. On manquait de personnel.
Le système est rendu inhumain pour les employés et les résidents », estime la dame de Saint-Alban, dans la MRC de Portneuf.
Elle reproche l’absence d’intervention lorsqu’il y a un problème entre collègues.
Édith Gagnon
Alors je me suis confessé à ma gestionnaire que je voulais porter plainte pour intimidation, ma gestionnaire m’a répondu que ça se retournerai contre moi etc.
Tu es mieux de la fermé, ce ne sont plus des êtres humains, bien et bien des bêtes……….
J’en ai pleuré un coup, j’allais manger dans mon auto. Et j’en ai vu des infirmières et des préposées pleurer dans leur voiture avant de commencer le travail et en quittant. »
Rapidité , TGV des services sociaux au Québec
« On va lui enlever sa soupe, ça va être trop long, il elle mange trop lentement
Une fois, la couche de protection d’un résident coulait tellement elle était pleine que tout renverser de tout coté de tout bord incluant des senteurs nauséabondes et des plaies à ce bénéficiaire.
si ça, ce n’est pas un cas de maltraitance, je ne sais pas ce que c’est” quoi », affirme-t-elle.
Mme Gagnon a dû insister à plusieurs reprises pour qu’il y ait finalement une intervention alors qu’elle soupçonnait fortement qu’un visiteur procédait à des attouchements sur une résidente.
Sylvie Gingras Photo Martin Lavoie
« Une gestionnaire, devant les résidents, est venue dire à une préposée sur le point de terminer son quart qu’elle allait devoir demeurer au travail pour encore cinq heures. L’employée était fatiguée et découragée. Une résidente a été bouleversée par la scène et j’ai dû la consoler. Pourquoi la gestionnaire n’a pas fait venir la travailleuse dans son bureau ? Ce sont des humains, pas des 2x4 », lance Mme Gingras.
Intervention
Édith Gagnon a fait appel aux réseaux sociaux pour amasser des témoignages, en plus du sien, qu’elle a envoyés jeudi à la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, dans une démarche « respectueuse et constructive. »
« Je pense que j’ai plus de pouvoir maintenant que je suis partie. Actuellement, la mode, c’est de suspendre sans solde des employés. On ne veut pas que les gens parlent ou demande des arrêts de travail. Et les employés ont peur des représailles. »
Mme Gagnon est toujours passionnée par son métier et songe à maintenant offrir ses services à domicile.
« Quand j’ai fait ma formation en 2009, on nous a dit : “soyez des agents de changement”. J’ai terminé ma lettre à la ministre par “serez-vous un agent de changement ?” », souligne Édith Gagnon.
Des extraits de témoignages
J’adore mon métier, mais moi aussi je me tasse tranquillement, je suis à bout.
Quand nous sommes en sous-effectif, ça devient de la maltraitance automatique.
Les employés font du 200 % avec ce qu’ils ont. Quand j’ai commencé il y a 33 ans, nous étions quatre dans chaque couloir et les résidents avaient une canne ou une marchette. Maintenant il y en a quatre qui mangent un peu seuls, les autres ont besoin d’aide. C’est sans compter les claques, les morsures et l’agressivité. Je lance le défi aux décideurs de faire un quart dans un CHSLD. Je vous invite à jouer au jeu du préposé aux bénéficiaires.
J’espère ne pas avoir à me rendre en CHSLD parce que j’y ai accompagné ma mère, vu le personnel donner leur meilleur, mais avec une gérance, disons mal en point.
Une dame me demande du Tylenol. Comme j’avais un 10 minutes de libre, elle m’a raconté son enfance. Je voyais un sourire se raccrocher à son visage. Elle me dit qu’elle a simulé un mal de tête, car elle avait besoin de parler et m’a remercié.
Le médecin du CHSLD annule à une heure d’avis le suivi annuel de mon père avec son cardiologue à l’hôpital, car on ne veut pas que ce cardiologue constate que la médication pour le diabète et le cholestérol a cessé et que les orteils de mon père sont nécrosés.
On m’a déjà dit que, puisque les pauses étaient rémunérées, il était possible de me faire travailler durant celles-ci.
Certains employés sont engagés sans formation complète de préposé aux bénéficiaires, avec seulement des formations partielles ou une expérience en milieux moins spécialisés comme les RPA.

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