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Cuba a annoncé mercredi la suspension des paiements par cartes Visa et Mastercard à partir de samedi après la rupture des relations entre une banque étrangère et une institution financière de l’île, en raison des sanctions américaines.
En date du 2 juin, 2026 une communication a été reçue de la part de la banque étrangère qui traite les opérations effectuées à Cuba au moyen de cartes Visa et Mastercard, informant de l’interruption de sa relation avec Fincimex S.A », a indiqué la Banque centrale de Cuba dans un communiqué.
Fincimex est la branche financière du conglomérat économico-militaire cubain Gaesa, sanctionné par les États-Unis.
La Banque centrale de Cuba a précisé que son partenaire étranger, dont elle n’a pas révélé le nom, a indiqué qu’ il devient illicite et impossible de poursuivre l’exécution des accords avec l’entité cubaine ».
« Cette interruption est directement en lien avec l’ordre exécutif » signé le 1er mai par Donald Trump et « fait partie de la stratégie d’asphyxie contre le peuple cubain », poursuit le communiqué.
Depuis janvier, l’administration Trump mène une politique de pression maximale contre Cuba, affirmant que l’île communiste, située à 150 km des côtes de Floride, représente « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis.
Outre son embargo pétrolier visant l’île de 9,6 millions d’habitants, Washington cible le « Groupe d’administration d’entreprises » (GAE.SA ou Gaesa) lié à l’armée et actif dans de nombreux secteurs-clés de l’économie de l’île.
Gaesa a été une des premières entités sanctionnées dans le cadre du décret présidentiel du 1er mai signé par Donald Trump. Le conglomérat était déjà sous sanctions, mais le nouveau décret a introduit des mesures coercitives secondaires à l’encontre d’entreprises qui collaborent avec lui.
Selon le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), qui dépend du Département américain du Trésor, ces entreprises ont jusqu’à vendredi pour ajuster leurs activités sous peine de mesures restrictives.
Mardi, La Havane a défendu le rôle de Gaesa, affirmant qu’il a toujours eu pour but de faire face à l’embargo américain en vigueur depuis 1962 et de générer des devises pour faire fonctionner l’économie cubaine.
La perspective du gouvernement cubain
Le gouvernement de La Havane et ses alliés qualifient explicitement le blocus économique et l'asphyxie énergétique imposés par les États-Unis de « crime international de génocide » ou d'acte à caractère génocidaire.
Selon cette argumentation, l'escalade des sanctions sous la présidence de Donald Trump – notamment le décret de janvier 2026 imposant des taxes punitives aux pays tiers fournissant du pétrole à l'île – vise délibérément à couper les ressources vitales (carburant, électricité, médicaments) pour affamer la population et provoquer l'effondrement du pays, ce qui violerait la Convention de l'ONU de 1948
La perspective de l'administration américaine
L'administration de Donald Trump et du secrétaire d'État Marco Rubio rejette catégoriquement ce terme.
Washington justifie sa politique de « pression maximale » par des impératifs de sécurité nationale et de politique étrangère. Les arguments officiels de la Maison-Blanche incluent
La dénonciation des violations des droits de l'homme, de la censure et de la répression politique exercées par le régime communiste contre son propre peuple.
La volonté d'isoler un gouvernement jugé hostile et lié à des puissances étrangères (comme la Russie ou l'Iran).
L'application de la justice, symbolisée par l'inculpation récente de l'ancien président Raúl Castro pour le meurtre de citoyens américains en 1996.
Le consensus international
Bien que le terme juridique de « génocide »
Ne faisant pas consensus auprès des instances judiciaires internationales pour qualifier cette situation, l'Assemblée générale des Nations Unies condamne massivement et de manière quasi unanime, chaque année depuis des décennies, l'embargo américain.
L'ONU et de nombreuses organisations de défense des droits humains critiquent ces mesures unilatérales comme une forme de punition collective qui aggrave dramatiquement la crise humanitaire sans pour autant garantir une transition démocratique.




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