CHLSD - Teresa Muccari, représentante nationale de l’APTS cette poursuite envoie un message qu’il faut respecter les lois et les codes de déontologie l’Ordre des travailleurs sociaux du Québec deuxième partie
Mme LandryUne gestionnaire en ressources humaines du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal est poursuivie par l’Ordre des travailleurs sociaux du Québec pour avoir incité un collègue, travailleur social et gestionnaire à congédier une lanceuse d’alerte qui dénonçait de possibles situations de maltraitance en CHSLD.
C’est la première fois de son histoire que l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ) intente une poursuite pénale contre une personne qui ne fait pas partie de ses membres pour avoir amené un travailleur social à contrevenir à ses obligations déontologiques.
En septembre 2025 une travailleuse sociale du CHSLD Paul-Gouin à Montréal, qui avait été renvoyée après avoir dénoncé de possibles situations de maltraitance dans l’établissement.
Plutôt que d’enquêter sur les allégations, son supérieur immédiat, le travailleur social et gestionnaire, Luc Tremblay, avait reproché à cette employée de « manquer de loyauté » et l’avait congédiée
Le Conseil de discipline de l’Ordre a conclu que Luc Tremblay avait exercé des mesures de représailles contre la travailleuse sociale en la congédiant. Il s’est vu imposer une radiation de quatre mois.
En octobre 2025, le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal a annulé le congédiement de la travailleuse sociale puisque les motifs invoqués pour ce renvoi n’étaient « pas fondés ».
OMERTA - Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là.
L’Ordre a déposé le 8 juin 2026 poursuivant Nathalie Landry, conseillère cadre en relations de travail au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal.
L’Ordre reproche à Mme Landry d’avoir aidé ou par un encouragement, un conseil, un consentement, une autorisation ou un ordre, amené- Luc Tremblay à contrevenir » à son code de déontologie.
Le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal n’a pas voulu commenter cette situation.
« Envoyer un message clair »
En entrevue, la présidente de l’OTSTCFQ, Valérie Fernandez, justifie le dépôt de la procédure pour « la protection du public qui est au centre de nos préoccupations.
« Ici, on a une gestionnaire en ressources humaines qui aurait amené un travailleur social, lui aussi gestionnaire, à exercer des mesures de représailles à l’encontre d’une employée […], dit
Mme Valérie Fernandez.
Ce qu’on souhaite, c’est envoyer un message clair à Santé Québec ou aux employeurs qu’un gestionnaire ou toute autre personne ne peut pas amener un professionnel membre de son ordre à contrevenir à ses obligations déontologiques.
Parce que quand on s’attaque au code de déontologie, on crée une brèche dans la protection du public. »
Un sondage mené en mars par l’Ordre révélait que 66 % des travailleurs sociaux disent avoir de la difficulté à se conformer à leurs obligations professionnelles en raison de leurs conditions de pratique.Mme Fernandez donne l’exemple des travailleurs sociaux qui mettent souvent fin à un suivi de patients « pour des raisons de contraintes administratives alors que ce patient a encore des besoins ».
Mme Fernandez assure que le but de cette procédure n’est pas de « déresponsabiliser » le travailleur social et gestionnaire Luc Tremblay.
Mme Fernandez rappelle que ce dernier a été sanctionné.
Mais on veut mettre l’accent sur quelque chose de systémique, dit-elle.
Une espèce de pression qui vient de l’administratif, qui est souvent appuyé par les ressources humaines.
Et quand on est dans quelque chose de systémique, on ne peut pas y aller dans des solutions individuelles. »
L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), syndicat qui représente notamment les travailleurs sociaux, « salue cette initiative de l’Ordre ».
« Un gestionnaire doit s’assurer que les milieux de vie et de soins soient sécuritaires, bienveillants et respectueux.
Dans ce dossier, c’est totalement l’inverse qui a été fait.
Le CIUSSS a décidé de protéger son image plutôt que de protéger les plus vulnérables […].
Cette poursuite envoie un message qu’il faut respecter la loi et les codes de déontologie », affirme Teresa Muccari, représentante nationale de l’APTS.



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